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Argent, guerre civile et internationale - Une mise en perspective historique

  • Photo du rédacteur: Olivier Gosmant
    Olivier Gosmant
  • 30 janv.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 févr.


Ou "L'histoire ne se répète pas, mais elle rime" (Mark Twain) et, comme j'aime le dire, "L'impossible a déjà frappé, mais le monde l'a oublié, et il frappera encore".


Quelques exemples de situations que l'on jugerait inconcevables avec notre regard d'aujourd'hui alors qu'elles se sont déjà produites dans le passé :


  • Interdiction de la détention d’or aux États‑Unis (1933) : Roosevelt impose par Executive Order l’obligation pour les particuliers de remettre leur or à la Fed à un prix fixé, sous peine de sanctions pénales.

  • Taux marginaux d’impôt sur le revenu supérieurs à 90% aux États‑Unis dans les années 1940‑1960.

  • Prélèvement sur les dépôts bancaires supérieurs à 100 000 € à Chypre (2013).

  • Contrôles des changes et blocage de capitaux : Après 1945 et jusque dans les années 1980, la France maintient un contrôle des changes : autorisation nécessaire pour transférer des capitaux, limitations sur les achats de devises et investissements à l’étranger, obligations déclaratives lourdes.

  • Gel des retraits bancaires en Argentine (2001)

  • Défaut ou restructuration de dette souveraine en Russie (1998), Argentine (2001), Grèce (2012), etc ...

  • Hyperinflation alimentée par la création monétaire (Allemagne 1923, Zimbabwe, Venezuela, etc …). En Allemagne, les épargnants ayant des dépôts, rentes ou obligations libellés en marks voient leur valeur réelle tomber presque à zéro.

  • Après 1945 en Europe de l’Est, et après 1959 à Cuba, les régimes communistes/nationalistes nationalisent massivement terres, immeubles, usines, commerces. Les propriétaires privés se retrouvent expropriés, souvent avec des compensations symboliques ou en obligations d’État rapidement dévalorisées.


Je vous propose donc de vous extraire du bruit ambiant pendant quelques minutes et de prendre un peu de hauteur.


En 1975, Ray Dalio fonda Bridgewater Associates depuis son deux-pièces new-yorkais. Il la dirigea pendant près de 50 ans, et en a fait le plus important fonds d’investissement (environ 150 milliards de $ d’actifs sous gestion). Au cours de sa carrière, Bridgewater devint la cinquième entreprise privée la plus importante des États-Unis, selon le magazine Fortune, et Dalio lui-même figura sur la liste des 100 personnes les plus influentes au monde établie par le magazine Time.


Il définit son approche de l'investissement comme fondamentale, systématique et diversifiée.


Après avoir étudié 500 ans d’histoire économique, il a identifié un schéma cyclique dans l’ascension et le déclin des grandes puissances. Une analyse poussée lui a permis de modéliser ce cycle grâce à une vingtaine de paramètres clefs et de l'implémenter dans son fonds de référence "All Weather", avec un objectif concret de performance financière résiliente.




J’ai eu l’opportunité et le privilège de suivre son enseignement pendant plusieurs mois au Wealth Management Institute de Singapour, où j’ai approfondi les principes d’investissement, d’économie et de marché à ses côtés - une formation rare, dispensée par l’un des meilleurs.


Je vous partage aujourd'hui un article qu’il a publié fin janvier 2026, et dont la référence et la traduction en français se trouvent ci-dessous en bas de page.


Ray Dalio tire la sonnette d’alarme. Pour celui qui a passé sa vie à analyser les cycles macroéconomiques, nous ne sommes plus dans une simple zone de turbulences, mais à la veille d’une bascule historique : le passage de la Phase 5 (tensions extrêmes) à la Phase 6 (effondrement et restructuration) d'un « Grand Cycle ».


Pour l’investisseur, ce n’est pas une énième prédiction catastrophiste, mais une grille de lecture pragmatique des risques systémiques qui pèsent sur les détenteurs de patrimoine, pour lesquels certains événements passés pourraient se reproduire.


  1. Le diagnostic : le « mélange toxique » est réuni


Ray Dalio identifie un « mélange toxique » de facteurs menant à des crises majeures :


  • Déséquilibres financiers : dette publique et privée insoutenable, déficits chroniques, perte de confiance dans la monnaie.

  • Inégalités socio-économiques : écarts de revenus, de richesse et de valeurs, alimentant les tensions sociales.

  • Chocs externes : crises financières, pandémies, guerres, catastrophes naturelles.

  • Affaiblissement des institutions : polarisation politique, perte de légitimité des gouvernements, médias instrumentalisés.


  1. Les 3 risques majeurs pour votre patrimoine


Au-delà de l'analyse géopolitique, le texte de Dalio met en lumière des risques très concrets pour la gestion de patrimoine :


1. La captation de la richesse privée


Dalio rappelle une constante historique : lorsqu'un État manque d'argent et ne peut plus emprunter, il se tourne vers ceux qui en ont.


Le risque : Une fiscalité d'exception sur les "nantis", des prélèvements sur le capital ou des nationalisations déguisées. La frontière entre le politique et le judiciaire s'estompe, rendant la propriété privée plus vulnérable aux idéologies populistes.


2. Le piège de la liquidité et le contrôle des capitaux


C’est l’un des points les plus critiques pour une clientèle internationale. Dalio souligne qu'en fin de Phase 5, les "portes se ferment".


Le risque : L'instauration soudaine de contrôles des capitaux pour empêcher leur fuite vers des juridictions plus stables. Votre capital peut ainsi se retrouver prisonnier d'une devise en dévaluation ou d'une juridiction hostile.


3. La dévaluation monétaire systémique


Face à l'insolvabilité, les gouvernements ayant la capacité d'imprimer de la monnaie le feront systématiquement.


Le risque : Une érosion silencieuse mais massive du pouvoir d'achat. La détention de cash ou d'obligations d'État, autrefois considérés comme des "safe havens", devient paradoxalement l'un des placements les plus risqués du cycle actuel. On en voit aujourd’hui le manifestation par les achats massifs d’or, avec la crainte de perte de valeur du dollar.



L'exemple de Minneapolis cité par Dalio — illustrant l'affrontement entre pouvoir fédéral et local — n'est que le symptôme d'un système qui ne sait plus résoudre ses différends par la règle de droit.


Ce constat est fait dans un cadre américain, mais il peut être transposé dans de nombreux pays occidentaux, en particulier la France, particulièrement fragile en termes de finances publiques et d’unité sociale et politique.


  1. Conclusion


Le message de Ray Dalio est une invitation à la lucidité.


Il souligne que "Les cycles sont inévitables, mais les catastrophes ne le sont pas. La clé est de reconnaître les signes avant-coureurs et d’agir en conséquence. Ceux qui anticipent les changements et adaptent leur stratégie survivent et prospèrent, tandis que ceux qui restent passifs subissent les conséquences."


La gestion de patrimoine dans une optique long terme doit s'attacher prioritairement à la recherche du maximum de résilience, ce qui passe par une vraie diversification et par de l’agilité.


C'est l'approche que je mets en œuvre dans mon accompagnement dans les domaines de l'investissement, du juridique et du fiscal.




  1. Pour aller plus loin


Voici l'article que Ray Dalio a publié fin janvier 2026, et dont la traduction en français se trouve ci-dessous :




Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, je vous conseille les livres qu'il a publiés ainsi qu'une excellente vidéo que vous trouverez ici.

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