Transmettre son patrimoine : un enjeu crucial trop souvent négligé
- Olivier Gosmant

- 31 août 2025
- 6 min de lecture

Qui n’a jamais entendu parler autour de lui ou dans la presse d’une succession qui a tourné au cauchemar ? Des héritiers en conflit, des actifs bloqués, une qualité de vie gâchée, des droits de succession exorbitants ...
Pourtant, ces situations ne sont pas une fatalité. Transmettre son patrimoine de manière sécurisée et optimisée demande de l’anticipation, et surtout des bons outils.
Assurance-vie, donation, société civile, avantages matrimoniaux, pacte dutreil ou encore testament … Les solutions existent, mais chacune a ses spécificités, ses avantages et ses pièges.
Comment choisir celles qui correspondent à votre situation familiale, votre fiscalité et vos objectifs ?
Dans cet article, je passe en revue les principaux dispositifs pour vous aider à préparer sereinement l’avenir de vos proches – et éviter que votre histoire ne devienne, elle aussi, un exemple à ne pas suivre.
1. Les grandes catégories de solutions pour transmettre son patrimoine
Pour bien comprendre les outils à votre disposition, il est utile de les classer en grandes familles.
1.1. Les donations : un levier central et diversifié
La donation consiste à transmettre un bien ou une somme de votre vivant. Elle permet d’anticiper la transmission, de réduire la base taxable et d’éviter certains conflits futurs.
Variantes de donations
Il existe un grand nombre de types de donations, plus ou moins connues : donation simple, donation-partage, donation avec démembrement (vous transmettez la nue-propriété tout en conservant l’usufruit, c’est-à-dire le droit d’usage et de percevoir les revenus), donation entre époux, dons familiaux d’argent exonérés sous conditions, donation de titres ou de contrats de capitalisation, etc …
Avantages fiscaux
Chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits à payer. Les dons familiaux d’argent bénéficient d’une exonération spécifique de 31 865 €. Le démembrement permet de réduire la base taxable en valorisant séparément usufruit et nue-propriété selon un barème d’âge.
Points de vigilance
Le rappel fiscal sur 15 ans oblige à prendre en compte les donations antérieures pour calculer les droits. Il faut aussi éviter les montages purement fiscaux, qui peuvent être requalifiés en abus de droit par l’administration fiscale.
Un point de vigilance porte sur la donation simple qui peut dans certains cas être une bombe à retardement.
1.2. Successions légales et testamentaires : organiser la transmission au décès
La transmission à votre décès s’effectue soit selon les règles légales, soit par testament.
Succession légale : en l’absence de testament, la loi répartit le patrimoine entre héritiers réservataires (enfants) et quotité disponible.
Testaments et legs : vous pouvez désigner précisément vos bénéficiaires, avec des options comme les legs avec charge ou les libéralités graduelles (transmission progressive).
Réserve héréditaire : protège certains héritiers en limitant la part de patrimoine que vous pouvez librement attribuer.
Fiscalité : les abattements sont identiques à ceux des donations, avec exonération totale pour le conjoint survivant ou partenaire de Pacs (sous réserve qu’il soit bien désigné comme héritier par testament).
1.3. Assurance-vie et produits d’assurance : transmettre hors succession
L’assurance-vie est un outil puissant car elle permet de transmettre des capitaux hors succession (sur le plan civil), avec une fiscalité spécifique avantageuse.
Clause bénéficiaire : vous désignez librement les bénéficiaires, qu’ils soient membres de la famille ou tiers.
Produits associés : assurance décès, rente éducation, épargne handicap, rente survie.
Saviez-vous que vous pouvez transférer la gestion de votre contrat d'assurance-vie français ou luxembourgeois sans impact fiscal ?
1.4. Régimes matrimoniaux et avantages matrimoniaux : protéger le conjoint
Modifier ou aménager son régime matrimonial peut sécuriser la transmission et protéger le conjoint survivant.
Types de régimes : communauté réduite aux acquêts, séparation de biens, communauté universelle, société d’acquêts.
Clauses spécifiques : clause de préciput (prélèvement de certains biens par le conjoint avant partage), attribution intégrale, renonciations à certaines actions.
Coordination : ces mécanismes doivent être coordonnés avec les donations et l’assurance-vie pour éviter les conflits.
1.5. Structurations juridiques via sociétés civiles et sociétés d’acquêts
La création d’une société civile immobilière (SCI) ou d’une société d’acquêts permet d’organiser la gestion et la transmission de patrimoine immobilier ou professionnel.
Avantages : évite l’indivision, facilite la transmission progressive par cessions de parts, permet des décotes sur parts sociales (minorité, illiquidité).
Gouvernance : clauses d’agrément et règles de gestion adaptées pour sécuriser la pérennité du patrimoine.
1.6. Transmission d’entreprise et dispositifs professionnels
Pour les entrepreneurs, la transmission d’entreprise bénéficie de dispositifs fiscaux spécifiques.
Pacte Dutreil : exonération partielle de 75 % de la valeur des titres transmis sous conditions d’engagements de conservation et de poursuite de l’activité.
Réduction de droits : 50 % de réduction si le donateur a moins de 70 ans.
Abattement supplémentaire : 300 000 € pour les salariés repreneurs.
Points de vigilance : respecter strictement les engagements, fonctions exercées, et formalités.
1.7. Adoption, mandats, protections et cas spécifiques
Adoption : simple ou plénière, elle ouvre des droits successoraux et fiscaux équivalents à ceux des enfants biologiques.
Mandats : mandat à effet posthume, mandat de protection future, nomination d’un tiers administrateur pour protéger les mineurs ou majeurs vulnérables.
Cas spécifiques : tontine, usufruit successif, libéralités graduelles, renonciations à certaines actions.
Fiducie : Elle peut garantir qu’un patrimoine sera transmis conformément à la volonté du constituant, en limitant les risques de dilapidation ou de mésentente familiale. La fiducie peut être utilisée pour protéger les intérêts d’un enfant handicapé ou d’un majeur protégé.
1.8. Instruments financiers et enveloppes
Compte-titres ordinaire (CTO) : souplesse dans la transmission des titres, purge de la plus-value.
Contrats de capitalisation : transmission possible avec maintien de l’antériorité fiscale.
Plan d’épargne retraite (PER) assurantiel : régime fiscal proche de l’assurance-vie au décès.
1.9. Biens ruraux et forestiers
Exonérations partielles : 75 % jusqu’à 300 000 €, puis 50 % au-delà pour les biens ruraux et parts de groupements fonciers agricoles (GFA). 75 % de la valeur des parts transmises, sans plafond, sous condition de conservation et d’engagements de gestion durable (GFI).
Compte d’investissement forestier et d’assurance (CIFA) : exonération de 75 % des sommes déposées sous conditions.
1.10. Contexte international
Conventions fiscales internationales : évitent la double imposition en cas de transmissions transfrontalières.
Trusts : instrument étranger reconnu en France avec un traitement fiscal spécifique.
Coordination des droits : choix de la loi applicable, résidence fiscale, localisation des biens.
2. Pourquoi faire appel à mon cabinet ?
La diversité et la complexité des solutions rendent indispensable l’intervention d’un professionnel capable d’examiner votre situation dans sa globalité.
2.1. Une analyse complète et personnalisée
Dans le cadre de ma mission de consultation patrimoniale, je réalise un diagnostic approfondi :
Recensement précis de tous vos actifs (immobiliers, financiers, professionnels).
Étude des régimes matrimoniaux, conventions de PACS, et situations familiales (familles recomposées, enfants mineurs, vulnérabilités).
Analyse des contraintes fiscales, juridiques, et internationales.
Identification de vos objectifs personnels : protection du conjoint, optimisation fiscale, transmission progressive, etc.
2.2. Construction d’une stratégie sur-mesure
En fonction de ce diagnostic, je vous propose une stratégie combinant plusieurs leviers :
Donation-partage démembrée pour réduire la base taxable tout en sécurisant la répartition.
Assurance-vie pour transmettre hors succession et bénéficier d’abattements spécifiques.
Pacte Dutreil pour la transmission d’entreprise avec exonérations.
Création de SCI pour éviter l’indivision et faciliter la gestion.
Aménagements matrimoniaux adaptés à votre situation.
Etc ...
Cette approche permet d’optimiser votre transmission en alliant efficacité fiscale et robustesse juridique.
2.3. Anticipation des risques et points de vigilance
Je vous alerte sur les risques potentiels :
Rappel fiscal sur 15 ans qui peut réduire les abattements disponibles.
Risque d’abus de droit en cas de montage purement fiscal.
Respect de la réserve héréditaire pour éviter les contestations.
Conditions strictes des dispositifs Dutreil (engagements, fonctions).
Gestion des conflits familiaux par une rédaction claire des actes.
3. Conclusion : une transmission réussie grâce à une expertise globale
La transmission de patrimoine est un domaine où se mêlent des enjeux juridiques, fiscaux et humains. La panoplie des solutions est vaste et leur articulation complexe.
Dans le cadre de mon activité de conseil juridique et fiscal, je vous guide efficacement, en prenant en compte l’ensemble de votre situation familiale, de vos besoins et contraintes.
Les solutions sont ensuite validées et mises en oeuvre par les spécialistes du droit que sont les notaires et avocats fiscalistes.
En vous appuyant sur un professionnel, vous bénéficiez d’une analyse complète, d’une stratégie personnalisée et d’un accompagnement sécurisé, pour transmettre votre patrimoine dans les meilleures conditions, protéger vos proches et maîtriser les coûts fiscaux.
N’attendez pas pour faire le point sur votre situation : chaque transmission est unique et mérite une stratégie sur-mesure.


